NOTRE FILS EST ENTRÉ DANS LA COMMUNAUTÉ
L'un de nous l'a accompagné dans la Maison d'une autre région, et y a parlé avec le responsable : il lui a indiqué comment le joindre au téléphone (y compris sur son propre portable), en nous y encourageant. J'ai donc pu régulièrement, toutes les 2 à 3 semaines au début, téléphoner pour avoir des nouvelles de notre fils : on m'en a toujours donné très aimablement et sans réticence. Nous avons ainsi su qu'il avait quitté la Maison un soir pour quelques heures, avait fumé un peu, puis était revenu.
Nous avons été invités à nous joindre au groupe des parents de notre région : ils se réunissent environ une fois par mois avec un Frère Dominicain, les parents d'un ancien de la Communauté, et quelques jeunes de la Maison proche. Partager avec eux tous nous a beaucoup aidés et soutenus. Nous avions beaucoup de questions à poser, et tant de chosesà apprendre sur le fonctionnement de cette communauté !
Quatre mois plus tard, nous avons été invités à une fête des familles : nous étions très impatients ! Avec l'accord du responsable, nous sommes descendus avec nos autres enfants, 2 de ses amis (non toxicomanes), et mes parents : nous avons trouvé notre fils ressuscité, métamorphosé : cela a été une joie immense pour nous tous !
Il était splendide bronzé, forci, souriant, droit, plus épanoui et serein qu'il ne l'avait jamais été. Tout au long de ces 2 journées de fête, notre fils est resté avec nous et nous a parlé : il a évoqué sa vie ; les règles de la Communauté ; sa difficulté à être toujours en présence des autres sans pouvoir s'échapper ni recourir à la solitude ; sa difficulté à être toujours confronté à la réalité sans pouvoir s'évader de sa vie par l'ordinateur la drogue ou l'alcool, à la vérité sans pouvoir se mentir ; les progrès qu'il faisait, la route qui s'ouvrait à lui pour continuer à avancer, la joie qu'il ressentait à ce changement, la confusion encore présente en lui.
Chaque jour de cette fête, nous avons eu la messe, le chapelet, des témoignages de jeunes ; un spectacle monté par eux évoquait leur propre histoire et leur progression, sur un thème biblique.
Quatre rencontres lors de cette fête ont rassemblé les parents, avec les responsables de la Maison et un couple de « parents référents », et nous nous y sommes exprimés en toute liberté : nous étions heureux de pouvoir poser toutes nos questions, les autres parents qui étaient avec nous ont aussi partagé leur questionnement, et toutes les réponses que nous avons obtenues nous ont aidés à mieux comprendre.
Soucieux et solidaire de nos propres progrès, notre fils nous a confié son espoir, et souhaité que nous nous rapprochions de la pratique religieuse catholique dans laquelle nous avions étéélevés : ce que nous avions partagé lors de cette fête nous a amenés à réaliser que de notre côté, nous avions à progresser et à effectuer des changements dans notre vie, et à le faire dans la logique et la continuité de ceux que vivait notre fils.
Nous avons compris qu'une route s'ouvrait à nous : notre fils choisissait son chemin de guérison loin de nous, mais nous pouvions le rejoindre et le soutenir à distance en partageant sa progression, et en faisant notre propre chemin en union avec lui. Cette décision s'est imposée à nous très naturellement : nous souhaitions nous unir à ses progrès.