JE DÉCOUVRE LA COMMUNAUTÉ DU CÉNACLE !
Le lendemain matin, sans prévenir, je suis allée jusque chez eux. Les jeunes qui travaillaient dehors sont venus à ma rencontre, et m'ont aimablement saluée en se présentant ; quand j'ai dit que je venais pour parler de mon fils, le responsable m'a immédiatement reçue devant un café chaud, et a longuement écouté notre histoire et mon angoisse.
Rien de ce que je lui disais ne lui était étranger : il m'a appris qu'il était lui-même, comme chaque responsable et chaque membre de leurs maisons, un ancien toxicomane. C'était bon de poser et de vider mon sac, et de me sentir comprise.
Il m'a parlé de la vie en Communauté : aucun psychiatre ni psychologue ni éducateur ne les prend en charge, et ils ne prennent aucun médicament : tous ensemble ils redécouvrent la joie de vivre, avec la vie en commun et le travail partagé : les plus anciens accompagnent et guident les plus nouveaux sur leur parcours. Il m'a parlé de la place importante de la prière, j'ai enregistré cela comme un "plus" intéressant sur lequel je ne me suis pas attardée.
Chaque nouvel arrivant y bénéficie de l'accompagnement particulier d'un ancien dit "ange gardien", qui reste à ses côtés, l'aide à surmonter les premières difficultés de cette toute nouvelle vie en Communauté, et le soutient jour et nuit : il le fait en toute amitié, mais sans concession.
Je leur ai exprimé mon étonnement en ces mots :
"Incroyable !
ls se lèvent le matin ?
Et se couchent le soir ?
Et travaillent entre deux ?
Mais c'est merveilleux !
Si en plus mon fils se lave, je ne demande rien d'autre !"
(car nous en étions là)
J'ai posé tout de suite ces deux questions pratiques :
"Y a t'il de la place ?" La place n'était pas un problème en soi.
"Combien cela coûte t'il ?" Rien : le jeune est accueilli sans aucune contrepartie financière.
Nous arrivions dans un autre univers !
Je suis rentrée avec l'espoir en moi !
Je me disais que notre fils allait pouvoir mener là une vie d'homme en toute dignité, et qu'il y trouverait le soutien et l'amitié qui lui avaient fait défaut toutesces années.
Je me disais qu'il ne serait plus jamais seul, et qu'avec eux tous il pourrait découvrir et donner enfin un sens à sa vie.
Je me disais que c'était sa dernière chance, et qu'il devait la saisir.